1) un siècle, une vie
Ami intime de Mgr Montini, futur pape (Paul VI), il est protégé des rigueurs de l'Index. Il est appelé par Jean XXIII à participer comme simple laïc au concile Vatican II. Parallèlement, il continue de publier des uvres philosophiques et apologétiques, qui en ont fait l'un des plus grands penseurs catholiques du xxe siècle. Jean Guitton a aussi été désigné par Bergson au côté de Vladimir Jankélévitch comme héritier de sa pensée7.
Il contribue d'autre part à faire connaître Marthe Robin (voir son livre Portrait de Marthe Robin) qu'il allait voir fréquemment et à qui il demande conseil avant de se présenter à l'Académie française.
Soutenu par Gabriel Marcel, il est nommé en 1955 à la chaire de la philosophie à la Sorbonne, en dépit de l'opposition de Vladimir Jankelevitch et de Jean Wahl qui y voient le retour du Pétainisme. Il est élu le 8 juin 1961 à l'Académie française, au fauteuil de Léon Bérard (1876-1960). Le philosophe marxiste Louis Althusser qui fut son élève et qui l'admirait vient le voir secrétement de nuit à plusieurs reprises en mai 1968 pour dialoguer avec lui. En 1987, c'est au tour de l'Académie des sciences morales et politiques de lui ouvrir ses portes, au fauteuil de Ferdinand Alquié.
Il continue d'écrire jusqu'à la fin de sa vie. En 1984, il fait part de ses réflexions sur la mort et l'au-delà dans L'Absurde et le Mystère, à la suite de discussions avec le président de la République François Mitterrand, alors atteint d'un cancer. En 1991, il est victime d'une affaire de plagiat. L'astrophysicien Trinh Xuân Thuân accuse les frères Bogdanoff d'avoir plagié son livre La Mélodie secrète (1988) pour leur livre d'entretien avec Guitton intitulé Dieu et la science. Le procès qui s'ensuit les lave largement de ces accusations.
Pratiquant la peinture depuis son enfance, il y est fortement conduit et encouragé par Édith Desternes, peintre aux résidences parisienne et charitaine, comme lui aux racines bourbonnaises très fortes (à Moulins et au Veurdre), et qui l'invite à exposer régulièrement ses uvres à la Galerie Katia Granoff de Paris. Guitton a notamment peint un Chemin de croix pour l'église Saint-Louis-des-Invalides : pour chaque station, pour chaque arrêt en ce chemin, il a réalisé une « toile » une icône sur laquelle il a écrit une courte phrase que la peinture éclaire et qui révèle ce qu'il a peint. Jean Cocteau l'a aussi incité à décorer la chapelle des Prémontés à Rome, puisque saint Gilbert, patron du Bourbonnais, avait fondé un monastère relevant de l'ordre des Prémontrés près de Saint-Pourçain sur Sioule10.
Jean Guitton est mort en 1999, à 97 ans. Marié sur le tard, il n'avait pas d'enfants.
2) Mon testament philosophique
Dans ce livre ultime, Jean Guitton met en scène les derniers moments de sa vie. Il fait le point avec Pascal sur ses raisons de croire en Dieu, avec Bergson sur celles d'être chrétien, et avec Paul VI sur ses raisons d'être catholique. Durant ses funérailles, c'est un regard espiègle qu'il jette sur la foule. Il en profite pour rétablir la vérité sur certains aspects de sa vie intellectuelle, affective et spirituelle. Il discute d'art avec le Greco, du mal avec de Gaulle, d'amour et de poésie avec Dante, de philosophie avec Socrate? Lors de son jugement, on est étonné de voir Thérèse de Lisieux et Mitterrand intervenir en sa faveur. Jean Guitton nous fait ici un cadeau immense : il pose les questions essentielles sur le sens de la vie pour mieux aborder le grand débat philosophique, spirituel et religieux de notre siècle.
3) Portrait de Marthe Robin
Née le 13 mars 1902 dans un village de la Drôme, Marthe Robin est morte le 6 février 1981 dans la maison paternelle qu'elle n'avait jamais quittée. Pendant trente années, cette femme simple et humble n'a pris aucune nourriture, aucune boisson. Pendant trente années, chaque vendredi que Dieu fit, elle souffrit les douleurs de la Passion dont elle portait, sur le corps, les stigmates. Cette femme fonda sur la terre quelque soixante-cinq " foyers de charité ". Jean Guitton, qui fut le témoin de sa foi, a voulu en faire le portrait en vérité, comme il le fit, il y a quarante ans, pour l'inoubliable Monsieur Pouget. C'est un livre admirable de profondeur et de ferveur. C'est aussi, à travers des entretiens avec Marthe Robin et divers témoignages de première importance, une extraordinaire chronique de la vie quotidienne, celle d'une femme élue par Dieu. " Dès ma première rencontre avec Marthe Robin, écrit Jean Guitton, j'ai conçu qu'elle serait à jamais pour moi une soeur de charité, comme elle le fut pour des milliers de visiteurs. Et j'eus le pressentiment que je serais un jour conduit à la faire connaître au monde, attiré par son génie. " C'est aujourd'hui chose faite. Et de manière bouleversante.
4)Dieu et la science
Avec Igor et Grichka Bogdanov
A-t-on le droit, à la fin du XXe siècle, de penser ensemble Dieu et la science ? De dépasser le vieux conflit entre le croyant - pour qui Dieu n'est ni démontrable, ni calculable - et le savant - pour qui Dieu n'est même pas une hypothèse de travail ? Tel est, en tout cas, l'enjeu de ce livre qui, de ce fait, s'autorise d'une évidence aujourd'hui, la science pose des questions qui, jusqu'à une date récente, n'appartenaient qu'à la théologie ou à la métaphysique. D'où vient l'univers ? Qu'est-ce que le réel ? Quels sont les rapports entre la conscience et la matière ? Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? De ce fait, tout se passe comme si l'immatérialité même d'une transcendance devenait l'un des objets possibles de la physique. Comme si les mystères de la nature relevaient, également, d'un acte de foi. Jean Guitton, Igor et Grichka Bogdanov ont ainsi voulu transformer l'ancien conflit du croyant et du savant en un débat essentiel. À travers l'échange de leurs arguments, de leurs interrogations, c'est bien de l'homme et de sa place dans l'univers qu'il est ici question.
5) Le travail intellectuel, conseils à ceux qui étudient et à ceux qui écrivent
Comment l'homme de demain saura-t-il utiliser le loisir ? A l'heure où le travail obligatoire cesse plus tôt, où le loisir commence avec le troisième âge, où il faut se remettre à l'Ecole, et apprendre à apprendre, il est bon de réfléchir comme avait fait Descartes, sur les méthodes...
" (Jean Guitton)
Il est tout à fait paradoxal d'observer que les enseignants ne cherchent qu'exceptionnellement à partager leur expérience du travail intellectuel avec les étudiants. Dans le temple du savoir qu'est l'Université, tout se passe en fait comme si les novices devaient deviner par eux-mêmes comment les grands prêtres s'y prennent pour faire des miracles. Comment arrive-t-on à élaborer de nouvelles idées ? Et mieux encore, comment parvient-on à les coucher sur le papier ? L'étudiant qui cherche à en savoir plus peut toujours solliciter un entretien, mais il est à parier que l'enseignant hésitera à lui expliquer qu'après de longues années de pratique, il a remarqué qu'il ne travaillait jamais aussi bien qu'en écrivant le soir dans son bain, une bière fraîche à portée de main. Pourtant, tous les artisans ont leurs petites recettes, et ceux de l'esprit n'y font pas exception. Au-delà de celles qui tiennent à la personne et qu'il semble difficile d'adopter pour soi-même - s'il fallait être enfermé à la Bastille pour écrire aussi bien que Sade, on n'en sortirait pas -, il existe des recettes assez générales que tout enseignant serait bien inspiré de transmettre. C'est ce que Jean Guitton a voulu faire ici, dans cet ouvrage qui date des années 50. Comment faire venir les idées ? Faut-il lire beaucoup ? Est-il vraiment utile de rédiger un plan ? Comment travailler son style ? Autant de questions qui dérangent un peu, parce qu'elles laissent entendre que la capacité à produire des oeuvres intellectuelles n'est pas un don. Pourtant c'est vrai, un style, ça se travaille, et rien de mieux pour cela que d'écrire beaucoup. De même, les idées ne viennent pas toutes seules; il faut avoir lu peu, mais de bons livres, pour en trouver. Et ainsi de suite, Jean Guitton dispense ses précieux conseils dans des chapitres courts et d'autant plus agréables à lire qu'ils paraissent véritablement inspirés par "un sentiment d'amitié profonde pour les étudiants". A lire absolument.
6) Nouvel art de penser
Chapitres : De l'admiration - De l'invention et du jugement - De l'élection - De la distinction - De la contradiction
7) Lettres ouvertes

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